NISSAN HERITAGE COLLECTION, LA VISITE

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L’usine Nissan de Zama, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Tokyo, abrite la collection automobile du constructeur, retraçant toute son histoire. Nous nous sommes rendus sur place pour profiter d’une visite privée des lieux et découvrir les incroyables voitures qu’elle renferme. Florilèges des plus belles, des plus intéressantes, ou tout simplement de celles qui nous ont tapées dans l’œil.

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Datsun Sedan (113), 1956*

La collection du musée débute avec la Datsun 12 Phaeton de 1933, mais il faut avouer que les premières voitures du constructeur ont plus leur place sur un manège que sur le Blenheim Gang. Dans les années 50, elles sont toujours de pauvres petites choses bizarrement proportionnées, mais la ligne ponton a été adaptée. La série 110 de 1955 est la première Nissan conçue intégralement par la marque. De face, on croirait une Mini, mais cette dernière ne sortira qu’en 1959…

* toutes les dates sont celles des modèles présentés, et ne correspondent pas forcément au début de production.

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Nissan Cedric Custom (G30), 1961

Première voiture à porter la marque Nissan, la Cedric tient son prénom du héros d’un roman pour enfants, Le Petit Lord Fauntleroy. Utilisant un procédé d’assemblage acheté à Austin, elle affiche encore un style très européen. Les curieuses doubles optiques verticales seront remplacées sur le restylage de 1962 par des phares disposés horizontalement.

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Datsun Bluebird 1200 Deluxe (P312), 1962

Cette berline de 1959 a ouvert les portes du marché américain pour Datsun, et fut l’un des premiers succès japonais à l’export en Europe (en Finlande, notamment). Mais ce modèle-ci a été utilisé pour une tournée promotionnelle tout autour de l’archipel japonais, et fut décorée à la main des fleurs symbolisant chacune des préfectures visitées, et signée à la main par chacun des préfets.

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Prince Skyline Sports (BLRA-3), 1963

Le constructeur Prince fusionnera avec Nissan en 1966, et c’est lui qui produira les premières Skyline. Le coupé Skyline Sports est une icône de l’automobile japonaise : dessiné par Michelotti,  il ne sera assemblé à la main qu’à 60 exemplaires, dont certains seront engagés en compétition.

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Nissan Cedric Special (50), 1964

Première grande berline 100% japonaise, cette Cedric Special ci est encore plus spéciale : ce modèle a été aménagé pour transporter la flamme olympique, lors des JO de Tokyo 1964. Aménagé aux places arrières, le support de la flamme était suspendu avec un système similaire à celui que les livreurs de ramens installaient sur leurs mobylettes pour éviter de renverser les bols de soupe bouillants.

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Prince Skyline 2000GT (S54), 1964

Toujours commercialisée sous la marque Prince, la seconde génération de Skyline visait la victoire en compétition. Avec leur gros moteur de Prince Gloria (nécessitant de rallonger l’empattement de 200 mm) les modèles 2000GT ont fini le second GP du Japon, à Suzuka en 1964, au 2e, 3e, 4e, 5e et 6e place… Derrière une Porsche 904. La légende était en marche.

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Prince Skyline 1500 Deluxe (S50), 1965

La version routière de la Skyline était sans aucun doute ce que le Japon faisait de meilleur à l’époque. Qui se souvient pourtant de sa version européenne, la PMC-Mikado A150 ?

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Nissan Silvia (CSP311), 1966

Ce coupé dérivé du roadster Fairlady était assemblé à la main par Yamaha, avec un souci du détail frisant la folie. Les jointures de carrosserie étaient, par exemple, bouchées au mastic avant que la carrosserie ne soit peinte. De quoi expliquer un prix de vente équivalent à celui des Ferrari contemporaines. Ce qui n’empêcha pas la police japonaise de l’utiliser.
Lire notre article sur la Silvia CSP311.

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Datsun Bluebird 1300 (PL411), 1968

Berline moderne voulue pour toucher tous les marchés par Nissan, la Bluebird 410/411 fut dessinée par Pininfarina et lancée à l’occasion des JO de Tokyo 1964. Autres JO, 4 ans plus tard, à Mexico : cette Bluebird a été mise à disposition de la délégation japonaise et a reçu, le dernier jour de la compétition, les autographes de tous les athlètes.

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Nissan R381, 1968

Qui a dit que le DRS était une invention moderne ? La “Monster Bird” utilisait en réalité deux ailerons arrières indépendants, actionnés hydrauliquement pour accentuer l’appui selon que la voiture tournait à droite ou à gauche. Cette barquette inspirée par les Chaparral de CanAm fut créée pour le GP du Japon 1968, et était motorisée par un V8 Chevrolet 5,5 l. Elle écrasera les Toyota 7 lors de l’épreuve, et seule une Porsche 910 arrivera à s’intercaler dans l’armada Nissan, se classant seconde.

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Nissan R382, 1969

L’année suivant, Nissan, bien embêté d’avoir utilisé un V8 américain, s’engagera au GP du Japon avec une voiture motorisée par le tout premier V12 développé en interne. Elle se débarrassait également de son aileron mobile, banni par la FIA, au profit d’une carrosserie générant de l’appui par elle-même. Résultat, un doublé lors de la course, devant, entre autres, une Porsche 917 engagée par Jo Siffert et David Piper.

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Nissan Cherry X-1 (E10), 1971

Première traction avant développée par Nissan, la petite Cherry connaître un joli succès au Royaume-Uni, où elle fut en tête des sondages de satisfaction client, devant la VW Coxinelle. La version X-1, une sportive équipée d’un carburateur double-corps Hitachi, était réservée au marché domestique.

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Nissan Fairlady 240Z (HS30), 1971

La réputation de solidité des Datsun et Nissan s’est établie par des victoires dans le rallye le plus dur de la planète : le Safari. Cette 240Z est celle qui a remporté l’édition 1971 aux mains d’Edgar Herrmann. Comme les autres voitures du Safari du musée de Zama, elle est conservée dans l’état qui fut le sien après la course. Il est peu probable que celle-ci ne roule encore droit.

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Nissan Skyline H/T 2000GT-X (KGC10), 1972

Initialement développée par Nissan, cette génération de Skyline sera finalement commercialisée par Nissan, et le coupé marquera le début de la mythique appellation GT-R. Celle-ci n’en est pas une : c’est une 2000 GT-X, la version qui marqua, en 1971, l’arrivée de moteurs d’origine Nissan sous le capot du coupé lancé en 1970 (la berline date de 1968). Il s’agit du L20, un six en ligne développant 120 ch.

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Datsun 240Z (HLS30), 1973

Une autre 240Z qui témoigne de la difficulté du Safari Rally. Ici celle avec laquelle Shekhar Mehta remporta l’édition 1973. Au total Datsun/Nissan a gagné l’épreuve 7 fois.

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Nissan Cherry Coupe X-1 (KPE10), 1973

Que reste-t-il de la petite Cherry dans ce coupé de course ? Allez savoir, mais son look est simplement parfait. Pas étonnant qu’elle ait eu tant de succès auprès des jeunes pilotes japonais de l’époque.

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Nissan Silvia (S10), 1975

Première Nissan a utiliser la plate-forme S, utilisé par le Silvia et autres 200SX jusqu’au début des années 2000, cette Silvia était commercialisé au Japon dans le même réseau que les Skyline (les Prince Store – il existe en effet de nombreux canaux de distribution Nissan au Japon, où seules certaines familles ou types de modèles sont vendus). Et quel look incroyable, de la couleur au dessin de la calandre.

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Nissan Cedric 2800SGL (P331), 1977

À trop vouloir singer le voitures Américaines, à la fin des années 70, les Japonaises sont parfois aussi vilaines qu’elles. Celle-ci est la rescapée d’un périple extraordinaire, celui de journalistes du journal Asahi, partis en reportages pendant 85 jours sur la route asiatique AH1. Celle-ci relie Tokyo à Istanbul, pour se prolonger jusqu’à Lisbonne (si l’aventure vous dit, il faudra passer par l’Afghanistan et la Corée du Nord, vous êtes prévenus). La Cédric, accompagnée d’une Bluebird, s’est contenté du tronçon Athènes-Bangkok, soit 23 000 km.

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Nissan Violet (PA10), 1982

Encore une Nissan, encore Shekhar Mehta, encore le Safari. Et encore une victoire, la 4e de suite pour le pilote Ougando-Kenyan. Un record toujours à battre.

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Nissan Bluebird Super Silhouette (KY910), 1983

Double championne du Super Silhouette japonais, cette Bluebird illustre parfaitement le style outrancier de ces voitures sensées rester proche des modèles de production – et qui inspirera les extraordinaires voitures tunées des Bosozoku. Celle-ci affiche, en plus, des graphismes parfaits.

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Nissan Prairie JW-G (M10), 1984

Le Blenheim Gang voue un culte immodéré à la première Nissan Prairie (pour comprendre pourquoi, lire l’article que nous lui avons consacré), alors découvrir une rare version haut-de-gamme JW-G, réservée au marché local, dans un état neuf, cela nous a fait battre le palpitant très fort.

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Nissan Skyline Sedan 2000 RS-Turbo (DR30), 1983

Éclipsées par l’aura des versions GT-R, on oublie que les Skyline sont aussi (et surtout) des berlines. Et qu’elles n’oublient pas d’être sportives, à l’image de cette RS-X Turbo, qui a tous les attributs des années 80 avec ses stickers à go-go et jantes flasques de refroidissement. Son 2,0 litres turbo développe 188 ch, transmis aux roues arrière.

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Nissan Leopard 4-door Hardtop 200X ZGX (PF30), 1985

Dans les années 80, les constructeurs japonais vont se lancer dans une incroyable course à la technologie, dont cette Leopard (lancée en 1980) est un parfait exemple. La liste des spécifications techniques et des équipements donne le tournis : indicateur de consommation électronique (une première mondiale), ordinateur de bord, système hi-fi avec correcteur de volume automatique, colonne de direction télescopique, climatisation automatique, commande au volant par fibre optique (une autre première mondiale) quatre disques de freins ventilés, suspension à assiette automatique…

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Fairlady 200ZG (ZG31), 1985

Ses phares pop-up à qui s’ouvrent sans que l’angle des optiques ne change suffisent à en faire une Blenheim car.

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Nissan Pulsar EXA Sportbak (N13), 1986

C’est une Pulsar, donc tout sauf une voiture amusante à conduire, mais le concept de la seconde génération d’EXA est juste génial : une carrosserie ouverte à l’arrière, avec deux coques différentes pour en faire au choix, soit un break de chasse “Sportbak” (sérieusement, Audi…) soit un coupé. Et ce graphisme des feux arrières !

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Nissan Cedric 4-door H/T V20 Turbo Urban G (Y30), 1987

Lisez ceci si vous voulez savoir pourquoi on adore les Cedric. Toutes générations confondues.

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Nissan R-88C, 1988

Nissan redoubla d’efforts dans la seconde moitié des années 80 pour tenter de s’imposer aux 24h du Mans, sans succès. Mais elle connaîtra la victoire au JSPC, le championnat du Japon de Gr.C que le constructeur remportera en 1990 et 91 après 7 ans d’hégémonie allemandes (6 titres pour Porsche, un pour Lotec) – championnat qui sera dissous après 1992 et deviendra le Super GT. Mais en 1988, Nissan ne gagne pas encore : cette R-88C est celle du JSPC, derrière elle, celle du Mans.

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Nissan Silvia Q’s (S13), 1989

Parce qu’on a un peu trop joué à Gran Turismo, on a gardé une fascination pour cette version japonaise de notre 200SX, à phares fixes, dans cette belle livrée bicolore. En voire une, en état neuf, fichtre !

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Nissan Figaro, Pao & Be-1, 1991, 1989 & 1987

Les différentes Pike car (du nom de l’usine qui abritait le département de projets spéciaux) Nissan, réunies au même endroit, dans des couleurs absolument abordables. Toutes trois développées sur base de Nissan March (Micra), ces monuments du post-modernisme partagent leur mécanique – à l’exception de la Figaro qui reçoit un turbo pour compenser le poids du système de toit coulissant. Si cette dernière semble toujours tout droite sorti d’un manège, les deux autres nous font penser qu’on peut être rétro sans tomber dans le pastiche. Suivez notre regard…

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Nissan R-89C, 1989

En 1989, les Nissan de Groupe C troquent leur châssis March pour un Lola, et adoptent la télémétrie. Peu fiables, les trois R-89C engagées au Mans abandonneront, et elles ne grappilleront que quelques points en Championnat du Monde. Cette voiture est celle du JSPC, dont le seul résultat est une 8e place à Mt. Fuji.

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Nissan S-Cargo (G20), 1989

La meilleure des Pike car ? Un patronyme génial, un hommage brillant à la Citroën 2CV dans le fond et la forme, et une voiture utilitaire extraordinairement mignonne qui n’a malheureusement jamais été exportée, et n’a été commercialisée qu’à 8 000 exemplaires.

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Nissan Président (JHG50), 1990

Première véritable nouvelle génération de la President depuis le lancement du modèle en 1965, la JHG50 de 1989 est une réaction au lancement de la marque Lexus chez le concurrent historique Toyota – une version raccourcie de la Président deviendra la première Infiniti, la Q45. Période de délire technologique oblige, on retrouve ici une suspension multibras à amortisseurs hydrauliques pilotés aux quatre roues. En 1993, elle sera la première voiture au monde à proposer un airbag aux places arrière.

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Nissan Skyline GT-R (BNR32), 1990

Quelle Skyline GT-3 “BNR32” est plus connue que la “Calsonic” ? Cette voiture a remporté le All Japanese Championship en 1990 et 1993. Icône japonaise, elle est ici minutieusement photographiée par un magazine local qui s’intéresse particulièrement à ses soubassements. Les GT-R BNR32 ont remporté les 29 courses de GT auxquelles elles ont participé.

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Nissan R91CP, 1991

Fin 1990, Nissan se retire du championnat du monde de voitures de sport, pour se consacrer au JSPC. La R90C évolue en R91CP et cette voiture remporte les 24h de Daytona 1992, première victoire japonaise dans l’épreuve. Elle aussi est restée dans son état d’après-course.

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Nissan March (K11), 1992

Malgré son succès en Europe, la Micra génération K11 semble avoir déserté nos rues. On a oublié que c’était une bonne voiture (elle fut la première Japonaise à recevoir le titre européen de voiture de l’année), et que son dessin était peut-être l’un des plus réussis de la période biodesign. Délicieuse dans ce rouge framboise.

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Nissan R390 GT1, 1998

Nissan n’est pas en reste durant les folles années du GT1 et profite de l’aubaine pour revenir aux 24h du Mans. Une seule version routière d’homologation est assemblée et elle ne sera jamais vendue (lire sur le Blenheim Gang : les GT1 “stradale”). Les 24h 1997 seront un fiasco pour Nissan, mais en 1998, les quatre voitures engagées finissent dans le top 10, avec la n°32 sur la troisième marche du podium.

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